Comment le respect de soi peut nous faire maigrir

Nous nous fragmentons dans tout ce que nous faisons. Et la nutrition n’échappe pas à la règle. Nous avons inventé des dizaines de principes à suivre pour atteindre ce soi-disant corps de “rêve”. Nous fera-t-il réellement rêver après toute cette lutte ? Après l’avoir contraint, forcer, violenter, pensez-vous vraiment que nous serons alors à même de l’aimer ?

Non, car nous aurons alors attaqué le second round : “tenir notre corps en laisse afin qu’il ne reprenne aucun petit gramme”.

J’entends tellement de “tu dois éviter cela”, des “il faut manger ceci”. J’ai trop de fesses. Trop de hanches. Une culotte de cheval, tu te rends compte ? Nooon ! Je t’assure, il faudrait que je perde un peu… sinon… Sinon quoi ? Que va-t-il se passer ? Que va oser dire notre grande “Société” ?

Comment pouvons-nous respirer au milieu de tous ces interdits, de toute cette dictature ? Comment pouvons-nous nous épanouir et trouver l’harmonie ? Et en plus, sommes-nous sûr, au moins, de ce que nous disons ?

Ah, mais j’oubliais que l’être humain est unique et uniforme. Ce que moi je mange doit convenir à tout le monde. Tous les médias nous le démontrent : “toi, homme tu mangeras de cela et tu délaisseras de ceci. C’est à cette seule et unique condition, que tu croitras et que tu développeras de gracieuses courbes”.

“Ah mince, mais tu sais, celui-ci est allergique au lait de vache – Et cette autre souffre d’un diabète ! Il est donc plus sensible au sucre que moi, non ? – Moi je digère mal l’oignions. – Ah, moi c’est l’ail ! – Moi j’ai un transit toujours lent ! – Ah bon ? Je mange la même chose et pourtant tout va bien pour ma part !”

Ne pouvons-nous pas juste simplifier l’alimentation ? Ne pouvons-nous pas accepter des différences ? Ne pouvons-nous pas simplement nous baser sur notre corps à NOUS et rien qu’à NOUS.

Ensuite c’est juste une histoire de respect, une histoire d’amour envers nous-même ! Je mange ce qui me paraît être bon pour mon corps :

  • Vais-je lui donner des pesticides à revendre ? Je vais peut-être essayer de ne pas trop abuser. Selon mes possibilités.
  • Vais-je lui donner essentiellement des plats tout préparés, ultra-salé avec des tas de produits rajoutés qui vont le faire travailler et le fatiguer ? Peut-être que des produits frais vont être plus à même de le vitaliser.
  • Vais-je le gaver constamment de sucre et faire carburer mon pancréas ? Je peux peut-être choisir les moments pour le sucré, les savourer pour avoir moins envie d’y revenir…
  • Vais-je ingurgiter des kilos de viandes et de poisson et fatiguer mes reins, gaspiller les ressources de la planète pour ma seule gourmandise ? ne pourrais-je pas en manger une juste dose ?
  • Vais-je avaler des quantités de nourriture comme une oie qu’on gave ? Peut-être qu’une écoute de ce que veut mon corps sera la bienvenue…

Dans nos sociétés aux hypermarchés qui débordent, nous avons oublié que certaines populations se nourrissent avec 10 fois moins que nous et ne sont pas forcément en manque de nutriments. Ce que je veux dire c’est que nous nous créons souvent un besoin alimentaire qui n’est pas forcément justifié.

Il est tellement facile d’ouvrir une boîte, un paquet de riz, croquer dans une pomme. Il suffit d’étendre le bras, d’ouvrir un placard ou de marcher quelques minutes jusqu’à l’épicerie la plus proche. Le geste devient réflexe, inconscient. Nous oublions les heures de culture, les soins apportées aux plantes pour qu’elles grandissent et arrivent à maturité.

Nous avons perdu le SENS des aliments et le SENS de notre alimentation.

Il n’y a pas de régime miracle

Je suis désolée, je n’ai pas une bonne nouvelle : il n’y a pas de régime miracle !

Rien de ce que vous entreprendrez en termes de restriction et de contrôle ne fonctionneront sur la durée. Pourquoi ? Car vous vous contenez, vous vous cadenassez. Vous vous tenez en laisse d’un côté et vous ruez de l’autre pour vous échapper ! Cela s’appelle un déchirement et non de l’harmonie ! Tantôt la laisse sera bien tenue, tantôt elle vous échappera complètement des mains et tout sera à recommencer….

… et votre dénigrement de vous-même va empirer…

Peut-être est-il temps d’accepter que notre corps est le reflet de ce que nous avons vécu. Apprenons à aimer notre histoire, les marques de nos faiblesses et celles de nos joies. Car c’est tout cela qui nous enrichit.

Reprenons un peu de respect envers nous-même et ce que nous sommes.

Nous sommes ronds, un peu gras, et bien portons tout cela avec aisance. Voyez comme les femmes africaines qui sont ‘”enveloppées” sont belles dans leurs déhanchements ! Elles n’ont pas honte de leur corps car les volumes ne sont pas dénigrés chez elles ! Elles ondulent en marchant, on dirait qu’elles dansent. Je les trouve belles !

Nous, nous sommes empêtrés dans nos désirs de minceur et nos envies de starlettes de magazines. Mais au fond, qui voulons-nous réellement être ?

Imaginons que tout à coup, vous ayez enfin ce corps de rêve. Vous croisez dans la rue une personne du sexe opposé qui vous plait et qui vous renvoie un superbe regard d’admiration. Voilà, allez-vous me dire : “j’y suis, les regards se portent sur moi, j’attire l’attention, on me remarque”… Et quand bien même cette personne accepte un verre à boire grâce à votre physique, qui vous dit qu’elle vous correspond ? Qui vous dit que vous seriez capable d’établir ne serait-ce qu’une relation d’amitié avec elle ? Alors de là à passer le reste de votre vie avec elle…

Alors, c’est ça ? Nos seuls rapports humains sont basés sur l’image de notre corps ? Nous ne sommes donc qu’un corps ?

Car nous sommes à deux doigts d’en être arrivé au “corps politiquement correct” ! Qui a décidé de façon arbitraire qu’une personne de bon ton était une personne mince ? Gare à la dictature du corps et au reniement de nous-même !

Bien sûr, parfois un certain physique aide. Bien sûr, il y a parfois pour certains, des regards durs, des mots blessants mais qui est cette personne pour vous les adressez ? Est-elle une personne parfaite pour vous jeter “la première pierre” ? Non, bien évidemment, personne n’est parfait (je le rappelle au cas où certains y croiraient encore )

Soyons bien dans notre corps et bien dans notre tête. Ou l’inverse si vous préférez…

Comment j’ai réussi à maigrir alors que vous piétinez toujours

Oui j’ai maigri. Et oui, j’ai maigri lorsque j’ai gentiment passé par-dessus ma tête le contrôle de mon assiette, les comptages de calories, de graisses, de sucre…

  • J’ai maigri lorsque j’ai pris conscience de “pourquoi je mangeais
  • J’ai maigri lorsque j’ai commencé à vouloir m’aimer telle que j’étais
  • J’ai maigri lorsque j’ai commencé à m’ouvrir à moi-même et à m’écouter, à me respecter.

Alors bien sûr, je ne vous promets pas la lune. Tous les corps sont différents. Chacun a quelque part un poids qui lui correspond. Une sorte de “poids personnel”. Un poids qui est un savant équilibre de notre organisme entre ses capacités à stocker et ses capacités à métaboliser, qui dépend aussi sûrement de notre densité osseuse, du poids de nos organes…

Durant toute l’évolution de l’homme, il a fallu des personnes qui savaient stocker de l’énergie pour faire face aux disettes et perpétuer la race humaine. Et puis il en a fallu des plus minces plus à même de récolter pendant des heures des fruits et des graines ou de chasser un animal sauvage.

Et puis, certains sont allés trop loin avec leur corps et ne pourront peut-être pas revenir en arrière. Mais cela n’empêche pas de se respecter et de s’aimer. Car n’avez-vous jamais remarqué qu’on trouve une personne belle lorsqu’elle aborde un joli sourire et se sent bien ? Notre tendresse envers nous-même nous embellit… J’essaierai de vous en faire la preuve bientôt…Tire la langue

Une vraie amitié n’est pas basée sur le contrôle. Avec notre corps, c’est pareil.

“Entrer en amitié avec son corps” pour reprendre l’expression de Pema Chödron nous défait de ce contrôle sur la nourriture. Un poids s’en va. Il ne reste plus que le plaisir, l’envie de savourer et de profiter. Le désir de prendre son temps et de savourer les bouchées. Pourquoi alors se resservir alors que le goût est encore dans notre bouche ?

Je vous disais plus haut que le contrôle ne pouvait pas durer dans le temps. En fait, la seule chose qui peut rester constant, c’est l’amitié que vous pouvez construire avec vous-même. Elle vous guidera constamment vers ce qui est bon et ce qu’il n’est pas. Une fois enracinée, vous ne pourrez pas revenir en arrière. Vous aurez l’automatisme d’être tendre et à l’écoute de vous-même.

Je ne suis pas en train de dire que je ne “tombe” plus dans le chocolat. Non, ça m’arrive. Nous sommes humains, nous nous débattons avec des choses que nous n’arrivons pas toujours à dépasser ou à gérer. Une grande part de notre gloutonnerie vient de nos souffrances à combler. Sachons reconnaître ce fait, le savoir, l’accepter. Ensuite nous pourrons mettre en place des solutions pour d’un côté faire face à notre souffrance et de l’autre prendre soin de notre corps. Mais ces solutions seront plus à même de fonctionner si nous avons un réel désir de respecter notre organisme.

Essayons de prendre ces moments comme un moyen de renforcer notre tendresse envers nous-même et de nous adressez des messages de réconfort plutôt que des messages de culpabilité qui ne serviront à rien.

Et puis, écouter son corps va nous amener plus facilement à le faire bouger, à lui trouver un sport qui nous correspond. Et cela va aussi nous aider à atteindre éventuellement notre “poids personnel”

Toute cette attention envers nous-même, finalement, nous fait entrer dans un cercle vertueux qui auto-entretient tous les comportements qui peuvent nous faire atteindre puis conserver notre poids personnel. Un cercle vertueux qui ne demande pour tout effort que notre tendresse à renforcer, notre palais à développer et un peu de temps pour nous concocter (même rapidement) des plats sains et savoureux… à déguster consciencieusement !

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