Comment méditer facilement ?

La méditation a longtemps été pour moi un écueil. Je voulais méditer, mais je n’arrivais pas à trouver le créneau horaire le mieux adapté, ni le lieu au milieu d’une famille nombreuse… et quand finalement je me posais, je le ressentais plus comme une contrainte qu’un plaisir. Pourtant, et les articles sont nombreux à ce sujet, la méditation est excellente pour la santé, lutter contre le stress, mieux se connaître…

Alors, je culpabilisais de ne pas arriver à mettre tous ces atouts dans ma poche ! Jusqu’à ce que je fasse une retraite de 3 semaines au village des Pruniers, en Dordogne, un havre de paix fondé par le Moine Bouddhiste Thich Nhat Hanh. Tout au long de ces 21 jours, j’ai pu vivre la méditation et la pleine conscience, sous différentes formes, et avec l’énergie de la communauté !

La vie au monastère

Vivre au rythme d’un monastère est une aventure en soi, pour nous qui sommes habitués à une vie plutôt agitée, entre le travail, les enfants, les tâches ménagères et autres activités ! Au village des Pruniers, les jours se suivent et se ressemblent :

  • 5:30 Réveil par LA cloche
  • 6:00 Méditation Assise
  • 7:00 Exercice physique
  • 8:00 Petit déjeuner
  • 8:45 “Household delights” (ménage dans les locaux)
  • 9:15 Rassemblement et chants
  • 9:30 “Working meditation” (travaux collectifs en méditant)
  • 12:00 Déjeuner
  • 13:00 Temps personnel
  • 15:00 Activités diverses (partages, enseignements…)
  • 16;00 “Walking meditation” (méditation marchée)
  • 17:00 Méditation assise et chant/lecture des Soutras
  • 18:30 Dîner
  • 20:00 Activités diverses (classes de langue, visionnage enseignements sur DVD…)
  • 21:00 Repos dans le Noble Silence (jusqu’au petit-déjeuner du lendemain)

sauf le lundi, jour de paresse, et les“Mindfulness Day” (jours de pleine conscience, tous les jeudis et dimanches) où l’ensemble des moines et moniales des 3 hameaux se regroupent pour écouter les enseignements de Thich Nhat Hanh.

La méditation “conventionnelle”

Deux heures par jour de méditation assise sur un zafu, dans le hall de méditation ! Pour quelqu’un comme moi qui avait beaucoup de difficultés à rester en paix ne serait-ce quelques minutes, c’est une gageure! La première séance est guidée et permet de prendre ses repères pour la suite, c’est super ! Nous passons notre corps en revue, relâchant les tensions partie par partie, en restant conscient de notre respiration.

Parfois la méditation en silence ne dure qu’une demi-heure et se poursuit par des chants ou la lecture de soutras. Nous pouvons alors soit tenter de suivre et chanter/réciter en choeur avec les moniales (pas évident, notamment lorsque c’est en Vietnamien !), ou bien profiter pleinement de ces chants et récits en restant en état méditatif.

Ces méditations ont pour moi deux effets : d’abord, une fois passées les difficultés pour trouver une position confortable, je finis par trouver celle qui me convient et que je pourrai garder par la suite ! Et aussi, je prends rapidement goût à cette heure de paix (enfin, selon la virulence des attaques de mon mental) et j’en redemande : je me lève à 6h00 les jours de paresse pour me faire ma petite heure de méditation matinale !

Ces séances peuvent m’apporter un calme absolu et étonnant, ou d’autres expériences plus “mystiques” comme la sensation d’être connectée à l’univers, ou celle de rayonner de lumière… autant d’effets auxquels je m’attache et que j’essaie malheureusement ensuite de retrouver, ce qui peut me “pourrir” la séance suivante !

Ceci dit, c’est facile à mettre en oeuvre dans un lieu protégé comme un monastère, mais plus difficile de retour chez soi de réunir les conditions pour méditer tranquillement aussi longtemps. Avec 4 enfants à la maison, qui se lèvent tôt, je ne peux pas espérer être peinarde 1 heure, sauf à méditer à 22h ou à 4h du matin ! Pas l’idéal…

La méditation “corporelle”

Une autre approche expérimentée au Village des Pruniers, est davantage basée sur les sensations corporelles. Il s’agit de la méditation marchée, d’une part, et de la méditation pendant le repas, toujours (ou presque) pris en pleine conscience.

La méditation marchée, quand il fait beau, se passe en extérieur : nous nous promenons dans les bois et le parc autour du hameau, en pleine conscience. Nous sommes attentifs à nos ressentis corporels, à nos pas sur le sol, à notre respiration… Nous observons aussi tout ce que nos 5 sens nous renvoient comme informations, vent qui balaie nos joues, odeur de la terre, rayons du soleil…

Voici une petite vidéo sympa pour ceux qui veulent en savoir plus… A vous de choisir pour le rythme de la marche, 1 pas par respiration, 2, ou 3… ici c’est un peu rapide pour moi mais tous les goûts sont dans la nature ! En tout cas, ça peut se faire n’importe où, pourvu qu’on marche ?!

La méditation marchée et expliquée

Quant à la méditation “mangée”, je crois que c’est un des exercices les plus difficiles à réaliser ! Prendre son repas en pleine conscience et en silence, ça commence par le plaisir d’humer le fumet des mets végétaliens savoureux cuisinés talentueusement par les moniales, en se rendant au réfectoire. C’est ensuite goûter les textures et saveurs qu’on a en bouche. Enfin, c’est voir en chaque aliment porté à sa bouche, la terre et la pluie qui l’ont fait pousser, le travail des hommes pour le cultiver…etc

Le truc pour les débutants, c’est de manger avec des baguettes et aussi de les reposer entre chaque bouchée, ça freine l’élan des mains pour remplir à nouveau la bouche, automatiquement et inconsciemment. La nourriture vietnamienne se prête très bien à cet exercice car chaque plat ou presque est un mélange de végétaux et d’épices qui régale les papilles ! Par contre, si j’ai apprécié cette pratique pendant les 3 semaines, il m’est presqu’impossible de le faire chez moi ! Les repas en famille sont trop agités alors que cette pleine conscience nécessite calme et sérénité. J’aimerais pourtant instaurer cela une fois par semaine et avec une nourriture vietnamisée… Affaire à suivre !

La méditation “utile”

Après le repas, la vaisselle à la main se fait aussi en pleine conscience et en silence. C’est ce que j’appelle la méditation “utile” puisque chacun oeuvre pour le bien de la communauté en remettant en état ses couverts, bols et assiettes. Chacun a à coeur d’aider, qui en nettoyant un plat là, qui en roulant le plateau de vaisselle jusqu’à la machine à désinfecter…

Chaque matin, il y a aussi le travail méditatif. Les laïques sont associées aux moniales pour diverses tâches nécessaires à l’entretien et au bon fonctionnement de la communauté. Toujours en silence (sauf informations nécessaires pour le bon avancement des travaux), nous effectuons ces tâches en pleine conscience, c’est à dire conscients de nos gestes, de notre corps, de ce que nos 5 sens nous révèlent…

C’est ainsi que j’ai participé à la réalisation d’une compote, en épluchant les pommes du verger. des pommes comme je les aime, de toutes les formes, avec des imperfections… Des vraies pommes de la campagne, quoi !

Ou encore ramasser les feuilles mortes dans les allées du hameau, et les brouetter jusqu’au composte. Et édifier une structure an bambou pour permettre au chèvrefeuille de s’y accrocher et  de grimper. Désherber les parterres de fleurs…etc

Cela m’a remis en tête toutes ses activités manuelles délaissées parce qu’il faut toujours aller plus vite. Quel bonheur pourtant de se mettre corps et âme dedans !

Ceci dit, il faut rester vigilant car le mental a tendance à reprendre facilement le contrôle. Seul remède : cultiver patiemment l’art d’observer de ce qui se passe en nous !

Autres types de méditation

J’ai aimé la méditation dynamique. Respirations variées, mouvements du corps, cris, …etc, c’est une excellente façon de méditer et plutôt inhabituelle ! Une bonne alternative pour ceux qui ne peuvent pas rester assis !

Je recommande également la méditation de compassion. Pour faire simple, cela consiste à se visualiser (à différents âges si on le souhaite) et à s’envoyer de l’amour (le plus dur étant de former ce ressenti en soi au préalable ?), puis de poursuivre en envoyant de l’amour à ses proches, à ses voisins, à ses ennemis… En tout cas, c’est un bon début pour commencer à s’aimer soi-même, pour ne pas dire une méditation indispensable ! Personnellement cette technique m’est d’un grand secours quand je suis dans un mauvais jour, où je vois tout en noir.. Un petit coup de méditation de compassion et la journée est bien meilleure !

Enfin, j’évoque aussi mon expérience de la méditation de perfection, que je considère comme la suite de la méditation de compassion en quelque sorte. Il s’agit de se visualiser comme un diamant ou une étoile, rayonnant une lumière blanche ou dorée… selon votre feeling !

La meilleure technique est celle qui vous convient !

Il existe de nombreuses méthodes de méditation. J’en ai testé d’autres, avec lesquelles, soit j’ai peu accroché (mantra, image…) ou bien un enseignement en direct live est préférable (méditation de Tong Len par exemple). J’ai choisi ici de vous faire goûter à celles qui m’ont parlé à un moment ou un autre. Dans ce petit tour d’horizon, vous pourrez trouver aisément une technique qui vous convienne, voir plusieurs selon vos activités quotidiennes ? Essayez-les et ne vous forcez pas : la méditation n’est pas un combat !

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